J’avais 9 ans et les cheveux dégoulinants de teinture orange quand j’ai décidé de devenir écrivain. Assise par terre au milieu des autres élèves de ma classe, j’avais les yeux écarquillés en écoutant l’auteure Thérèse Roche nous parler de l’écriture de son roman Les extra-chats (dont les héros sont roux, d’où la teinture de carnaval !). Chacun de ses mots s’engouffrait en moi, ouvrant une brèche qui ne s’est plus jamais refermée : l’envie d’écrire.

Dans l’enthousiasme de ma jeunesse et l’euphorie de l’instant, j’ai commencé à écrire mon premier roman… et j’ai tout fait à l’envers ! J’ai commencé par trouver le titre Mystère et Nougats mous, puis j’ai dessiné la couverture, et j’ai rédigé un premier chapitre, un deuxième, un troisième… avant de me rendre compte que je ne savais pas du tout où cela m’emmenait. Le projet est resté en suspens…

Et puis j’ai fait d’autre choses. À l’époque, les Masters d’écriture à l’université n’existaient pas. J’ai fait une école de commerce, l’ESSEC, où j’ai commencé à découvrir qui j’étais (c’est important, ça, pour écrire). Mon diplôme en poche, j’ai commencé à travailler en entreprise, principalement en marketing et en communication. J’écrivais pour des sites internet, des plaquettes commerciales, des communiqués de presse… Je jouais avec les mots et les images, mais sur des projets qui n’étaient pas les miens. La frustration se faisait de plus en plus sentir.

Et c’est finalement à la faveur d’une expatriation à Rabat, au Maroc, que le déclic a eu lieu. Je me suis réveillée un matin avec l’idée d’un monde où nos rêves et nos cauchemars continueraient de vivre après notre réveil. Ce n’était pas grand chose, à peine un point de départ, mais j’ai tout de suite été emballée par l’incroyable potentiel imaginatif d’un tel monde. J’ai très vite acheté un carnet pour noter les idées qui me venaient. Enfin je tenais mon sujet ! Et puis les circonstances m’ont aidée à m’offrir le deuxième élément dont j’avais besoin pour me lancer : le temps. J’ai démissionné de mon emploi, et j’ai fait le pari fou de l’écriture. 20 ans après Mystères et nougats mous, je me lançais dans l’aventure Oniria.

Plusieurs petites fées se sont penchées sur le berceau d’Oniria. Tout d’abord Marion Delord de chez Hildegarde, puis très rapidement Isabel Vitorino et Cécile Terouanne de chez Hachette Romans. Aujourd’hui la série Oniria, ce sont quatre tomes qui ont conquis des dizaines de milliers de lecteurs en France, des traductions dans 6 langues, des formats poche prévus pour 2017 et 2018, un projet d’adaptation en série d’animation…

De quoi m’occuper pleinement, pour mon plus grand plaisir ! J’aime, non, j’adore être une “Créatrice de littérature à dévorer” !

Alors un grand MERCI à vous tous, lecteurs, parents de lecteurs, éditeurs, libraires, bibliothécaires, professeurs… Mon rêve de petite fille est devenu réalité, et c’est grâce à vous !